Difficile de ne pas réagir au départ en pré-retraite du pape du logiciel.
Une page de l’histoire du logiciel est-elle définitivement tournée ?
A en croire l’interview exclusif de Monsieur Gates a réalisé par Challenges cette semaine pour l’occasion, il semblerait qu’il s’agisse plus d’une évolution du management de l’empire Microsoft qu’autre chose.
Nous apprenons à ce propos, que ses relais ont été bien préparés (Steve Balmer, Craig Mundie et Ray Ozzie), et que le départ de Bill n’est que partiel, car il demeure quand même le président du conseil d’administration de firme de Redmond.
La retraite n’est pas aussi si “franche” que cela.
Sur une toile de fond humaniste, où il explique ses ambitions (légitimes) pour sa fondation (sa nouvelle activité “plein temps”), Bill Gates apparaît au gré de ses réponses toujours aussi combatif et fait apparaître une volonté assumée de vouloir croiser le fer avec ses nouveaux concurrents de l’Internet.
Lorsque la question lui est posée, il n’hésite d’ailleurs pas à minimiser l’importance et le danger que peut représenter Google, tant sur la différence de leur point de vue du business, que sur la présence tentaculaire de ce géant sur la toile.
En tout état de cause la guerre s’annonce d’ores et déjà bien entamée comme nous avons pu le constater lors du feuilleton à rebondissements des différentes tentatives d’OPA sur Yahoo.
Mais dans ce domaine d’activité, je ne crois pas que toutes les batailles (et encore moins la guerre) peuvent être remportées à coup de rachats et de capitalisations.
Le monde du logiciel est un monde de créateurs et d’architectes, et la vraie richesse reste encore l’idée neuve, inédite et sa qualité de réalisation.
Je pense que malgré tout Microsoft a bien intégré cela aujourd’hui, néanmoins leur stratégie historique leur a fermé (définitivement ?) la porte de la communauté open source pourtant riche en talents.
Alors que faire ?
Et bien, tout simplement en allant chercher les talents à la source, c’est à dire auprès des grandes écoles et universités, via des actions de lobbying (que j’ai déjà pu constater dans certaines écoles), mais aussi et surtout via des programmes sponsorisés de recherche dans certains labos.
Une stratégie qui peut s’avérer payante, et qui pourrait peut-être à terme, moyennant un aménagement sensible de leur système de licence, les réconcilier avec cette communauté qui leur fait tant défaut.
A suivre donc, mais je reste intimement persuadé que les dix prochaines années s’annoncent particulièrement passionnantes pour le monde du logiciel.