La nouvelle fait la une de tous les blogs économiques et technologiques, et il faut bien le reconnaitre, elle est de taille :
Oracle rafle la mise de Sun, juste après l’échec de la négociation avec IBM.
Cette firme est incontestablement le champion de la croissance externe, j’en tiens pour preuve le comportement ultra expansionniste de leur division ERP (Oracle Applications), qui au gré des absorptions et fusions a permis à cette entreprise de devenir un acteur incontournable du monde des progiciels de gestion intégrés en moins de 10 ans.
Ce nouvel évènement, sans précédent, permet donc à Oracle d’ajouter deux nouvelles cordes à son arc : le matériel avec un grand M avec toute la gamme de serveurs SUN réputés pour leur robustesse et leur qualité, et d’autre part de bénéficier de toute la suite logicielle Java (serveurs d’application, SDK, ateliers de développement, etc).
Au delà des considérations purement économiques et financières, j’ai tendance à penser que ce rachat est stratégiquement une excellente chose, et cela à deux titres :
- SUN qui était en perte de vitesse avait amorcé ces dernières années des tentatives d’élargissement de son périmètre (on se rappelle à titre d’exemple du rachat tout récent de mySQL ou encore du portage de leur OS Solaris sur la plate forme x86).
- Oracle en conquète du monde du logiciel (avec un succès certain dans le monde de l’ERP) avait besoin d’étoffer son catalogue de solutions pour pouvoir prétendre à jouer dans la grande cour.
Voilà chose faite, avec un tel rachat, Oracle compte à son actif (et la liste est loin d’être exhaustive) :
- un système d’exploitation (Solaris, et les distributions Linux de Sun)
- des serveurs (et les architectures associées)
- un langage de développement, Java (et tout ce qui en découle en terme d’atelier de développement et de serveurs applicatifs)
- de 2 moteurs de base de données (Oracle et mySQL)
- une kyrielle de progiciels métiers de l’Entreprise (PeopleSoft, Siebel, JD Edwards, …)
- d’une suite Office (OppenOffice)
- d’un produit de virtualisation (Virtualbox)
- etc…
C’est donc la naissance d’un nouveau géant qui risque une fois n’est pas coutume de compliquer la vie d’une société comme Microsoft qui se retrouve de plus en plus dans une situation de concurrence assez inédite.
Entre Apple, IBM et maintenant Oracle, il faudra très certainement redoubler d’imagination et de combativité pour la firme de Redmond…